PROJET DE REFORME DES RETRAITES : Les personnels pénitentiaires ne seront pas épargnés !

PROJET DE REFORME DES RETRAITES : Les personnels pénitentiaires ne seront pas épargnés !

22 juillet 2019 Non Par ugsp

Les préconisations de Jean-Paul DELEVOYE, haut-commissaire à la réforme
des retraites ont été rendues publique jeudi 18 juillet 2019.
Dans un rapport de 130 pages, monsieur DELEVOYE tente d’expliquer tout le bien fondé de la mise en place d’un système universel de retraite par points. Il n’y a pas une page sans que l’on lise le mot « équité », « solidarité » pour justifier la fin des 42 régimes de retraite existants pour n’en faire qu’un seul, universel et par point.
Au delà du flou qui entoure ce système, ce qui est sûr, c’est que s’il était mis en place, cela signifierait la fin du calcul des pensions sur les six derniers mois de traitement pour les fonctionnaires, et donc le salaire le plus élevé, mais un calcul sur toute la carrière. Ce qui déjà, en soit, entraînerait une chute vertigineuse du niveau des pensions. Idem pour les salariés du privé qui se verraient calculer leur retraite de la même façon au lieu des 25 meilleures années actuellement.
Pour les personnels de surveillance de l’administration pénitentiaire, il est écrit dans ce rapport que tout en maintenant la possibilité de pouvoir partir en retraite à 52 ans sous condition d’avoir 27 années de service effectif, un âge pour obtenir une retraite à taux plein serait fixé correspondant à l’âge moyen de départ constaté chez les personnels de surveillance. Il faut savoir qu’actuellement, l’âge moyen de départ en retraite d’un personnel de surveillance est de 56 ans ! Ce qui signifie donc, si on applique ces préconisations, qu’entre 52 et 56 ans, une « super-décote » serait appliquée aux agents souhaitant partir avant 56 ans et de fait, se retrouveraient avec une pension de misère. C’est exactement ce qui veut être fait en disant qu’il ne touche pas à la possibilité de départ en retraite à 62 ans, mais il y aura une application d’une « super décote » pour des départs avant
64 ans, voir 65, même avec une carrière complète !
Pour la CGT-pénitentiaire comme pour toute la CGT, ce projet de réforme des retraites est inacceptable car il signifie travailler plus longtemps pour toucher moins ! Sans compter qu’il y a un flou important quant à la valeur annuel du point retraite dans le projet DELEVOYE puisque rien ne garantit un taux « décent » qui pourrait être revu à la baisse. En cas de gestion de déficits publics, la tentation sera forte de jouer sur la valeur du point en le diminuant et donc diminuer les pensions. En la matière, le gouvernement ne peut rien garantir.

Pour la CGT, il faut au contraire préserver et améliorer notre modèle social. Pour gagner de meilleures retraites, il faut augmenter les financements assis sur les cotisations sociales, part de notre salaire socialisé.
La CGT exige :
 Des droits garantissant dans tous les secteurs professionnels la possibilité
d’un départ dès 60 ans.
 Une pension d’au moins 75 % du revenu net d’activité (pour une carrière
complète) sans que celle-ci ne puisse être inférieure au SMIC.
 La ré-indexation des retraites sur le salaire annuel moyen et non
l’inflation, facteur de décrochage de pouvoir d’achat entre les actifs et les
retraités.
 La reconnaissance de la pénibilité au travail, cette dernière ne devant pas être une fatalité. L’aménagement des fins de carrière avec un droit à un
départ anticipé à la retraite à taux plein à 55 ans, voire 50 ans pour les
métiers les plus pénibles est la garantie d’une espérance de vie en bonne
santé pour toutes et tous.
 La prise en compte pour les jeunes des années d’études , de formation,
d’apprentissage et de recherche du 1er emploi.
 La suppression des exonérations de cotisations sociales pour dégager 20
milliards d’euros supplémentaires pour le financement des retraites.
 L’égalité salariale entre les femmes et les hommes, c’est 6,5 milliards
d’euros dans l’immédiat pour les retraites.
Pour gagner de meilleures retraites, de meilleurs salaires, des services
publics pour tous et partout, la CGT appelle à se mobiliser le 24 septembre
prochain.
Montreuil, le 22 juillet 2019.