La CGT Pénitentiaire reçue  au Ministère de la Justice

La CGT Pénitentiaire reçue au Ministère de la Justice

18 octobre 2019 Non Par ugsp

Le jeudi 17 octobre 2019, une délégation de la CGT Pénitentiaire était reçue au Ministère, place Vendôme, par le conseiller politique pénitentiaire, M. Thierry DONARD, nouvellement nommé dans ces fonctions. Cette audience était l’occasion de rappeler nos différentes revendications pénitentiaires mais également d’échanger sur les grands sujets de l’actualité sociale qui vont impacter l’ensemble de la fonction publique.
En introduction, la CGT Pénitentiaire a souhaité réaffirmer sa forte opposition aux réformes successives portées par ce gouvernement et qui ne cessent de mettre à mal les droits des fonctionnaires. La loi de transformation de la Fonction Publique, comme l’émulsion gouvernementale autour d’une énième
réforme des retraites, en sont des preuves flagrantes. Pour la première, cette loi est dans la droite ligne de ce qui a été entrepris ces dernières années avec pour conséquence, la casse du service public et la mise à mal du statut des fonctionnaires : la mise en place d’une instance unique (le comité social) en lieu et place des CHSCT et des CT ; la suppression des CAP pour les mutations, les détachements et l’avancement ; la précarisation de la fonction publique avec un usage plus prononcé aux contractuels ; la création d’un contrat de missions ;
l’instauration de nouvelles sanctions disciplinaires sans consultation de la CAP, etc…
Il en va de même pour le projet de réforme des retraites. D’ailleurs, une
rencontre entre le ministère, Jean-Paul DELEVOYE, Haut-Commissaire à la
réforme des retraites, et les organisations syndicales représentatives au sein du ministère de la Justice est prévue le 12 Novembre 2019. Cette réunion sera l’occasion pour la CGT Pénitentiaire non seulement de réaffirmer, avec force, son opposition à cette réforme des retraites par points, mais également et comme cela a été le cas lors de cette audience, d’exiger le maintien du système actuel et son amélioration par une bonification d’un trimestre par année travaillée sans limitation de durée, l’abrogation de la décote pour trimestres manquants, le retour à une ouverture du droit à retraite à 50 ans pour le personnel de surveillance.
D’un point de vue Pénitentiaire, le constat est également alarmant. Malgré les deux derniers conflits de 2018 et de 2019, les personnels sont aujourd’hui toujours confrontés aux mêmes difficultés qu’ils avaient pourtant tant dénoncées. Les conditions de travail restent précaires et la capacité à pouvoir concilier vie personnelle et professionnelle est grandissante. Toutes ces difficultés qui sont maintenant récurrentes sont balayées d’un revers de la main par notre administration sous prétexte d’une amélioration « soit-disante »
significative portée par le relevé de conclusions signé entre le ministère et
l’UFAP .
La CGT Pénitentiaire a également tenu à rappeler son attachement à l’évolution du métier de surveillant. Il faut enfin rendre toute sa place aux surveillants de détention afin qu’ils puissent redevenir les acteurs incontournables dans la gestion quotidienne du parcours carcéral du détenu. Cette évolution permettrait enfin aux surveillants d’étage d’être reconnus et valorisés. Cette acquisition de nouvelles compétences viendrait, de plus, motiver l’obtention de la catégorie B tant souhaitée par le personnel sur le terrain. La CGT Pénitentiaire a donc profité de cette audience pour réaffirmer sa volonté de voir aboutir l’ensemble
des revendications portées lors de ces conflits sociaux et restées « lettre
morte » : Catégorie B, reconnaissance, attractivité, fidélisation, augmentation de la rémunération, etc…
De plus, ce manque de reconnaissance ne s’arrête pas aux portes du Corps d’Encadrement et d’Application (CEA). Toutes les filières sont concernées.
D’ailleurs, les personnels administratifs et techniques sont souvent les grands oubliés de ce ministère alors qu’ils exercent leur mission de service public dans des conditions de travail tout aussi désastreuses. C’est inadmissible !!!
Enfin, la CGT Pénitentiaire a souhaité faire l’état du pitoyable dialogue social actuel au sein de la DAP et du ministère, qui n’est d’ailleurs que la pâle copie des politiques d’austérité menées par ce gouvernement. Pour nos chers dirigeants, c’est : « On fonce, circulez, il n’y a rien à voir »… Belle mentalité !
En conclusion, même si le conseiller pénitentiaire du ministère s’est montré réceptif aux arguments de notre organisation, la CGT Pénitentiaire n’est pas dupe et sait, d’ores et déjà, qu’il faudra constituer un front syndical unitaire face aux différentes attaques portées par ce gouvernement. C’est dans ce sens qu’un courrier émanant de la CGT Pénitentiaire a été établi à l’ensemble des secrétaires généraux des syndicats pénitentiaires. Il faut dépasser les querelles de comptoir au nom de l’intérêt collectif des personnels.
Comme à son habitude, la CGT Pénitentiaire continue son combat pour
valoriser encore plus les métiers pénitentiaires et obtenir de nouveaux acquis sociaux!
A Montreuil, le 18 octobre 2019.