Déclaration Liminaire : CTAP du 17 Octobre 2019

Déclaration Liminaire : CTAP du 17 Octobre 2019

17 octobre 2019 Non Par ugsp

Monsieur le Directeur, Mesdames, Messieurs, les membres du CTAP,

Une fois de plus, nous ne pouvons débuter ce CTAP par une déclaration liminaire qui en dit long sur les difficultés que traversent les personnels de l’Administration Pénitentiaire. Administration qui s’attèle à martyriser ses agents. Les mots peuvent sembler durs mais il n’en demeure pas moins que c’est la stricte vérité. Les sanctions disciplinaires des conflits de 2018 et 2019 sont encore ancrées dans l’esprit des agents et la rancœur est toujours aussi présente. Le Conseil Constitutionnel a pris une décision légitime sur les garanties disciplinaires. Pour autant, vous avez décidé de ne pas en rester là en modifiant lamentablement votre arme anti-conflit, le fameux statut spécial si cher à vos yeux.

Comment ne pas dénoncer les promesses faîtes et remises en cause aujourd’hui. Le temps passe et vous croyez bon de ne plus tenir vos engagements. Le Centre Pénitentiaire de Condé sur Sarthe en est l’exemple parfait. Les multiples évènements dramatiques qui se sont déroulés sur cet établissement ont levé le voile sur le manque de moyens de cette structure pas comme les autres. Il a fallu frôler la mort pour que les personnels soient entendus. Malheureusement, certaines mesures sont sur le point de devenir obsolètes. Le binômage est contesté aujourd’hui. C’est une revendication majeure des personnels pour exercer leurs missions dans des conditions de sécurité. Revenir à une gestion classique reconditionnerait une insécurité. Est-ce une rationalisation des ressources pour combler votre ingérence à combler les postes vacants ?

La dernière présentation du budget concernant l’Administration Pénitentiaire ne fait que confirmer nos craintes sur le peu de postes qui viendront compléter les effectifs des établissements alors que de nouvelles missions vont se greffer prochainement avec la sécurité périmétrique. Force est de constater que cela se fera sans apport de personnel et que ces missions se feront une fois de plus sur le dos des agents de détention !!!! On en reste toujours sur des attaques de cette administration sur les conditions de travail des personnels. Faire plus avec moins. Devise chère à cette DAP.

Que dire également des agressions quotidiennes et de plus en plus violentes que subissent les personnels. Agressions dont la prise en charge administrative pour les agents laisse à désirer. Pas tant pour les agents victimes mais plus pour les agents qui sont intervenus pour mettre fin à l’incident. L’administration se targue de faire un

La CGT Pénitentiaire

distinguo dans les accidents de travail : les accidents de travail pour agression (les ATA) pour l’agent agressé directement et les accidents de travail ordinaires (les ATO) pour les agents qui se sont blessés lors de l’intervention. Ce mécanisme n’est pas sans conséquence dans les droits des agents : proratisation des congés, indemnisation des victimes, etc… La CGT Pénitentiaire demande l’arrêt immédiat de cette différenciation car c’est une véritable injustice. Un accident de travail, quel qu’il soit reste un accident de travail.

Que dire de vos initiatives périlleuses concernant la fidélisation des personnels ? Des primes que vous avez du mal à mettre en œuvre. Des agents, plus précisément les surveillants de la 189ème promotion, précurseurs de ce nouveau dispositif, sont concernés puisqu’ils sont affectés depuis 3 ans sur un établissement cible. A l’heure actuelle,  ils n’ont toujours perçu et aucune information ne leur est présentée ou transmise.

Tous ces sujets sont l’attente des personnels. Des réponses, des actes seront le bienvenu mais encore faut-il le vouloir car c’est de cela que les agents, vos agents du service public attendent. Oui, Monsieur le Directeur, ce que les personnels attendent, ce sont des signaux forts de la part de leur administration et de leur ministère en terme de reconnaissance et non du mépris comme vous en avez l’habitude.

La CGT Pénitentiaire exige des réponses concernant nos sollicitations.

À Paris, le 17 octobre 2019