COVID 19                 Il faut d’urgence alléger les détentions ! Un décret de grâce semble incontournable !!!

COVID 19 Il faut d’urgence alléger les détentions ! Un décret de grâce semble incontournable !!!

18 mars 2020 Non Par ugsp

Comme bon nombre d’acteurs le disent, il faudra tirer des bilans et enseignements lorsque la crise sanitaire sera derrière nous. L’heure est à l’union de toutes et tous pour contenir et vaincre cette pandémie.

La CGT Pénitentiaire s’inscrit dans cette démarche, tout en réaffirmant son admiration et son soutien total envers les personnels de santé, tous corps confondus, qui se battent pied à pied pour sauver des vies. D’autant plus que le CORONAVIRUS est venu de plein fouet s’ajouter au malaise déjà prégnant dans la Fonction Publique Hospitalière (FPH).

Cela fait des années que nos collègues en blouse blanche tirent la sonnette d’alarme, sans que le gouvernement réponde à leurs besoins, à nos besoins en matière de Santé. Et vlan, comme avec cynisme, le COVID 19 légitime tout ce qu’ils disent, le président étant lui-même contraint d’avaler son chapeau et  d’aller de superlatifs en superlatifs pour louer leur mérite. Le système de soin et de Santé est à la rue, qu’on se le dise, la CGT Pénitentiaire appellera ses collègues à soutenir sans réserve la nécessité d’accroître massivement les besoins financiers et humains de nos hôpitaux et plus largement, de notre système de santé ! Oui M. MACRON, il y aura un après !

Dans la pénitentiaire, sans vouloir démontrer des similitudes osées, il faut reconnaître que là aussi, le COVID 19 fait éclater au grand jour les faiblesses de notre système pénitentiaire et de sa politique pénale trop orientée sur le tout carcéral, au détriment des alternatives et aménagements de peine.

Sans vouloir être alarmiste, la CGT Pénitentiaire est très inquiète : on voit mal comment, dans un système aussi étriqué que celui d’une prison, de surcroît un milieu confiné, la promiscuité qu’il impose va pouvoir nous permettre de lutter. La vitesse de propagation du virus va nous rattraper inexorablement et dans un avenir très proche, plaçant collègues et détenus dans une situation de danger extrême. Pour preuve, l’annonce de la fermeture des parloirs et des activités culturelles et cultuelles a plongé nos détentions dans un climat de contestation de la population pénale. Depuis hier, plusieurs refus de réintégrer ont vu le jour dans les établissements pénitentiaires dont Grasse, Aiton, Douai, Perpignan…. La CGT Pénitentiaire ne peut que féliciter le professionnalisme et la disponibilité des personnels face à cette pandémie et ses conséquences, ses impacts. Surtout lorsque l’on connaît le peu de moyens mis à disposition (masques, gels hydroalcooliques, essuie-main papier, etc…) dans les établissements pénitentiaires pour protéger les agents.

Enfin, doublé de notre incapacité à confiner réellement, il y a fort à parier que la pénitentiaire soit un pourvoyeur de malades en grand nombre, ce qui pèsera forcément sur les personnels soignants.

La CGT Pénitentiaire ne conteste pas les mesures actuelles visant à diminuer le nombre des détenus ou réduire les contacts. Cela est très insuffisant. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. Il faut aller plus loin et activer d’autres leviers. Cela pourrait passer notamment par un décret exceptionnel de grâce collective, très fort, visant à faire sortir nombre de courtes peines. Il nous faut urgemment gagner des places pour confiner réellement les malades. Il va bientôt être trop tard !

Montreuil, le 18 mars 2020.