AGE PIPEAU, RETRAIT ILLICO

AGE PIPEAU, RETRAIT ILLICO

13 janvier 2020 Non Par ugsp

Samedi 11 janvier 2020, le Premier Ministre a adressé un courrier aux organisations syndicales et patronales suite aux rencontres du 10 janvier sur le financement des retraites.

Le message d’Édouard PHILLIPE à cette occasion : Je ferai ce que je voudrai !!!

En effet, M. PHILLIPE confirme dans son courrier la volonté du gouvernement de mettre en œuvre un système par points et surtout l’impérieuse nécessité de maintenir son équilibre financier.

Nous sommes bien face à une réforme budgétaire !

Pour cela, il intime l’ordre aux « partenaires sociaux » de se mettre d’accord pour trouver « des mesures permettant d’atteindre l’équilibre financier en 2027 », ceci, avant la fin du mois d’avril. Mesures qui « ne devront entraîner ni baisse des pensions, ni hausse du coût du travail » !

Si d’ici la fin avril, les organisations syndicales et patronales ne trouvent pas d’accord, le gouvernement légiférera par ordonnance pour prendre « toute mesure permettant d’assurer l’équilibre du système d’ici 2027 ».

Alors que l’on sait que le débat sur l’âge pivot n’est que de l’enfumage, dans le but d’obtenir l’adhésion de certains syndicats, le gouvernement maintient le cap dans ce domaine.

En résumé, soit vous trouvez un accord pour allonger la durée de cotisation et donc reculer l’âge de départ en retraite, soit je légifère et j’instaure de nouveau un pivot ! CFDT et UNSA n’ont rien gagné : l’âge pivot n’est pas retiré du projet de loi !

En fixant des objectifs d’économie aux partenaires sociaux, il refait le coup de la négociation sur l’assurance chômage, autrement dit, je fais ce que je veux !

Projet de loi, quelques points d’analyses :

Retraite à taux plein :

Pour avoir une pension « à taux plein », il faudra avoir cotisé 43 ans minimum et avoir atteint un âge d’équilibre !

La durée de cotisation et l’âge d’équilibre augmenteront en même temps que l’espérance de vie augmentera. A chaque gain d’espérance de vie de 3 mois, il faudra donc travailler 2 mois de plus.
Ceux qui n’auront pas cotisé suffisamment longtemps et n’auront pas atteint l’âge d’équilibre, verront leurs pensions diminuer !

Conclusion, il est impossible de savoir à quel âge il sera réellement possible de partir à la retraite, avec tous nos droits. S’agissant du montant des pensions, impossible de le calculer actuellement puisque le gouvernement a choisi de ne pas fixer la valeur du point ni de connaître la gouvernance qui en fixera le taux et de renvoyer cela à plus tard !

Diminution des pensions :

Le gouvernement verrouille les dépenses dévolues au financement de nos retraites à leur niveau actuel, c’est à dire 14 % du PIB. Or, le nombre de personnes partant à la retraite va augmenter dans les prochaines années. Pour être clair, le gouvernement nous contraint à payer plus de pensions avec la même somme qu’aujourd’hui. Tout le monde comprendra aisément que mathématiquement, le niveau des pensions baissera, c’est le calcul politique du gouvernement !

De plus, les pensions seront calculées sur l’ensemble de la carrière au lieu des 6 derniers mois dans le public, donc, plus sur l’indice terminal le plus fort !

Le projet de loi va amenuiser les chances pour les salariés de partir à la retraite en bonne santé :

Le gouvernement refuse d’améliorer la reconnaissance de la pénibilité. Il a d’ailleurs supprimé certains critères en 2017. Le projet de loi met fin aux dispositions plus favorables de prise en compte de la pénibilité dans la Fonction Publique (départ anticipé) et transpose le compte pénibilité dans tous les secteurs professionnels !

Pourtant, quoi de plus normal que de permettre à celles et ceux qui sont abîmé-es par le travail de partir plus tôt à la retraite !

Pour rappel, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de 6,5 années à celle d’un cadre. Le travail de nuit réduit l’espérance de vie de 5 à 7 ans !

En 2018, l’espérance de vie en bonne santé est de 63,4 ans pour les hommes et 64,5 ans pour les femmes. 5 mois de moins qu’en 2017 !

Après les annonces faites par le gouvernement, l’intersyndicale appelle à la poursuite des grèves et des actions. Elle appelle à faire des 14, 15, et 16 janvier 2020, des journées fortes.

La CGT Pénitentiaire appelle ses militants à se rapprocher des unions départementales CGT pour en connaître les modalités.

TOUS ENSEMBLE DANS LA LUTTE POUR EXIGER LE RETRAIT DU PLAN MACRON ET EXIGER D’AUTRES NEGOCIATIONS !

A Montreuil, le 13 janvier 2020.