Budget 2020 : Et l’emploi dans tout ça !!!

Budget 2020 : Et l’emploi dans tout ça !!!

22 octobre 2019 Non Par ugsp
La CGT Pénitentiaire

Le 04 octobre dernier, la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) avait organisé une présentation très succincte du programme 107, déclinaison du budget 2020 au sein de l’Administration Pénitentiaire, une semaine après celle effectuée par la Ministre, sur le Projet de Loi de Finance (PLF 2020) pour le Ministère de la Justice. Au-delà des premières analyses purement comptables, déjà mises en avant dans un communiqué précédent, la CGT Pénitentiaire souhaitait mettre l’accent sur l’emploi (et surtout les vacances d’emplois), problématique récurrente dans cette administration, et qui impacte directement les conditions de travail des personnels dans l’exercice de leurs missions au quotidien.

Avec une progression du plafond d’emplois de près de 2% avec 950 ETP (grâce à la création de 1000 emplois prévue en 2020), ces annonces peuvent paraître, aux yeux des moins aguerris, comme louables, voir généreuses, surtout si on s’amuse, comme l’a fait la DAP, à les comparer à la réduction du plafond d’emplois de l’ensemble des administrations de l’Etat (-0,16%). Cependant, la CGT Pénitentiaire ne peut se gargariser de ces 1000 emplois et s’en explique.

Concernant ces 1000 emplois, l’administration nous indique que la répartition se fera de la manière suivante :                  

  • 400 ETP (Equivalent Temps Plein) pour poursuivre le renforcement des SPIP ;
  • 155 ETP pour renforcer les Equipes Locales de Sécurité Pénitentiaire (ELSP) et le renseignement ;
  • 145 ETP pour réaliser les premiers recrutements dans le cadre du programme immobilier « 15000 » ;
  • 300 ETP pour combler les vacances de postes des personnels de surveillance.

Il n’y aura donc aucun emploi consacré au renforcement des services administratifs (hors SPIP) et techniques, pourtant eux aussi, surchargés. Comme à son habitude, cette administration délaisse là encore toute une partie de son personnel. D’ailleurs, la CGT Pénitentiaire s’interroge toujours sur le devenir de la création des organigrammes de référence pour la filière administrative… Cela mettrait enfin en évidence les carences d’emplois dans cette filière.

Pour la filière de surveillance, la CGT Pénitentiaire est tout aussi dubitative. Même si nous ne pouvons contester l’effort consenti concernant la création de 300 ETP alloués au comblement des vacances d’emplois, celle-ci n’est que la mise en œuvre du plan pluriannuel des 1100 emplois destinés au comblement de vacances d’emplois prévu dans le relevé de conclusion de 2018 et donc, acquis par la lutte des personnels.

Ces chiffres étaient déjà donc connus de TOUS !

La CGT Pénitentiaire

Cependant, la CGT Pénitentiaire ne peut occulter le fait que la réforme de la chaine de commandement va occasionner mécaniquement un déficit de personnel au sein du Corps d’Encadrement et d’Application (CEA), et plus précisément chez les surveillants et les surveillants-brigadiers. Pour rappel, cette réforme statutaire établie sur 5 ans, qui n’est, ni plus, ni moins, qu’un plan de requalifications, prévoit le passage de 450 officiers de la catégorie B à la catégorie A (soit 90 par an) et le passage de 1700 Premiers Surveillants et Majors de la catégorie C à la catégorie B (soit 280 par an). Elle prévoit également, si cela n’a pas changé, une compensation de 470 emplois d’encadrement de proximité (1ers  Surveillants) sur 5 ans qui seront pourvus par voie de concours professionnel par des surveillants et brigadiers, qui eux, ne seront pas remplacés.

Et c’est là que le bât blesse !

Le calcul est vite fait : sur les 1100 emplois initialement prévus pour le comblement des vacances de postes, l’effet mécanique de cette réforme en générera 470, soit un delta de 630 emplois et NON PLUS 1100. La différence est énorme !

C’est dans ce sens que la CGT Pénitentiaire a saisi la DAP lors de cette réunion du 4 octobre 2019, sans que celle-ci ne puisse réellement nous apporter de réponse convaincante.

Qui ne dit mot consent !

Cette réforme va générer de la vacance chez les surveillants et brigadiers !

Enfin, la CGT Pénitentiaire a tenu également à avoir des précisions sur les 155  emplois destinés aux renforcements des Equipes Locales de Sécurité Pénitentiaire et du renseignement. Là aussi, les réponses sont assez floues car l’administration renforcera uniquement les établissements accueillant des Extractions Judiciaires Vicinales (EJV). Pas de renforcement pour les nouvelles missions telles que les escortes médicales armées ou encore les missions de sécurité périmétriques de nos établissements pénitentiaires…

Il faudra donc prendre sur la bête… C’est inadmissible !!!

Pour la CGT Pénitentiaire, il est impensable que nos missions évoluent sans apport de personnels. Comme évoqué précédemment, la CGT Pénitentiaire ne cautionnera jamais les agissements de la DAP qui, bien aidée par des organisations syndicales d’accompagnement, aime à faire croire à du « PLUS » alors que la réalité du terrain tend faire du «MOINS ». Et tout ceci, bien évidemment, au détriment des personnels !!!!

A Montreuil, le 22 octobre 2019.