PREJ : Entre souffrance et mépris!

Jeudi 23 Novembre 2017 se déroulait, au Millénaire, le Comité Technique de l’Administration Pénitentiaire présidé par Stéphane Bredin, Directeur de l’Administration Pénitentiaire, accompagné de Chloé Mirau, sous-directrice des ressources humaines.

Ce comité technique était l’occasion d’évoquer les différentes difficultés que peuvent rencontrer au quotidien, les agents des PREJ, puisqu’un point d’information figurait à l’ordre du jour.

Alors, comment ne pas saisir l’occasion pour débattre des conditions désastreuses dans lesquelles travaille bon nombre d’agents, avec une charte des temps nationale et une doctrine d’emploi plus que bafouée ainsi qu’un manque prégnant de personnels dans certaines interrégions.

L’exemple du PREJ de Laon en est pour le coup assez frappant. En effet, depuis maintenant plusieurs mois, ce PREJ se voit systématiquement refusé l’appui des forces de sécurité intérieure (FSI) pour des escortes de niveau 3, voire des détenus particulièrement signalés (DPS) comme le prévoit la doctrine.

C’est une honte de mettre ainsi en danger nos collègues qui œuvrent chaque jour au bon déroulement du service public pénitentiaire.

Même si la responsabilité de ce refus de soutien ne peut pas être apposée à la DAP, ce sont nos agents qui se mettent en danger au quotidien, en effectuant de telles missions. Cela est inacceptable…

Le DAP, alerté par cette situation, s’est engagé à tout mettre en œuvre pour trouver une solution.

Malheureusement, le cas du PREJ de Laon n’est pas un cas isolé. Le PREJ de Valenciennes était dans une situation exactement similaire, avec une extraction judiciaire à effectuer avec un détenu incarcéré pour des faits liés au terrorisme, et ceux sans aucun renfort FSI, il y a de ça quelques mois. Et des exemples comme ceux évoqués ci-dessus fleurissent chaque semaine un peu partout sur le territoire.

Concernant la charte des temps, là aussi, les problèmes foisonnent. Chaque ARPEJ faisant à « sa sauce », ne respectant aucunement les directives nationales inscrites au sein de la charte des temps. Une nouvelle fois, c’est le personnel qui trinque…

 

L’Administration Pénitentiaire doit comprendre que

les agents ne sont pas à sa disposition !!!

Cette gestion calamiteuse vient, de fait, impacter la vie personnelle des agents et les conséquences sur leur santé physique et mentale peuvent être désastreuses.

Malgré ce constat délétère unanimement établi par l’ensemble des organisations syndicales dont la CGT Pénitentiaire, l’administration fait la sourde oreille aux malaises, bien plus que naissants, des agents des PREJ.

Et ce ne sont pas des interventions, au compte-gouttes, qui pourront améliorer significativement les conditions de travail des personnels.

Pour la CGT Pénitentiaire qui n’a de cesse de revendiquer de meilleures conditions de travail pour l’ensemble des personnels pénitentiaires, qu’ils soient en PREJ, en établissements ou en service, ce changement doit passer par une refonte complète de la doctrine d’emploi et de la charte des temps, en prenant en compte la réalité du terrain, mais surtout en respectant la vie de famille des agents.

Les derniers échanges sur l’élaboration de la doctrine d’emploi des équipes de sécurité pénitentiaire (ESP), qui englobera à terme les EJ, ne prenaient aucunement cette voie, avec en autre les escortes à deux agents…

Ce nouveau projet de doctrine se basait, comme pour l’ensemble des nouveaux chantiers d’ailleurs, sur la philosophie, dictée par les contraintes budgétaires, du: « comment faire toujours plus, avec toujours moins de personnels ».

C’est d’ailleurs pour ces raisons que la CGT Pénitentiaire avait claqué la porte de ce processus de rencontre, qui ne servait, de toute façon, que de simple chambre d’enregistrement. L’administration ayant déjà tranché, seule de son côté, les sujets plus épineux, réduisant notre champ de négociations à de simples sujets de second plan.

 

Il est donc grand temps que cela change !

Pour ce faire, il faut que nos dirigeants prennent enfin conscience des réelles difficultés rencontrées par le personnel au quotidien.

La CGT Pénitentiaire exige de l’ensemble des acteurs de ce Ministère que les moyens humains et matériels deviennent une priorité, afin que nos collègues qui officient actuellement dans les PREJ, les établissements et les services, puissent enfin effectuer leurs missions en toute sécurité.

La CGT Pénitentiaire demande également à l’Administration Pénitentiaire la mise en place rapide de groupes de travail sur le sujet, ô combien sensible, des extractions judiciaires. Au-delà de simples réunions de « façades », il est primordial d’aborder l’ensemble des dysfonctionnements qui sont remontés par les agents du terrain, sans tabou, ni idée arrêtée. Il en va de l’intérêt de tous…

Les agents des PREJ sont exténués par tant de mépris de la part de leurs dirigeants, et ce ne sont plus les quelques belles paroles prononcées à l’emporte-pièce ici ou là, qui pourront aujourd’hui les convaincre.

Plus que des MOTS,

ce sont des ACTES qu’attendent en vain nos collègues des PREJ !!!

 

Montreuil, le  01 Décembre 2017

 Prej