Phénomène de violences: Où en est-on après la signature du relevé de conclusions ?!!

La multiplication des agressions qu’elles soient verbales ou physiques traduit l’état général d’une détention où le personnel, épuisé par son rythme de travail, subit trop souvent l’agressivité de la population pénale.

 

Ces actes, de plus en plus violents, comme ceux survenus en ce début d’année 2018 (Vendin-le-Vieil, Borgo, Mont-de-Marsan, Condé-sur-Sarthe , Fleury-Mérogis, Nantes, etc…) ne sont que le reflet inquiétant d’une forme de  banalisation du « passage à l’acte », qualifié trop souvent à tort comme c’est le « risque du métier » par nos dirigeants.

 

Ces agressions sont souvent les conséquences d’une gestion catastrophique de notre administration et de ce Ministère en terme de moyens humains et matériels, se satisfaisant des frustrations de son personnel, voire de quelques agressions si la gestion de la pénurie l’exige.

 

Lors du conflit de Janvier 2018, une panoplie de mesures, inscrites dans le relevé de conclusions signé par l’UFAP-Unsa Justice et ce Ministère, devait résoudre rapidement ces problématiques…

 

Enfin, c’était la promesse de ces deux vendeurs de rêves !..

 

Après plus de 3 mois de grandes réflexions entreprises en vase clos, la CGT Pénitentiaire se permet de dresser un bilan rapide des mesures mises en place sur le terrain permettant ainsi plus de sécurité et de meilleures conditions de travail.

 

Et sur ce point, cela va être très rapide car aucun changement significatif n’est intervenu dans l’espace de ces 3 derniers mois, pas même l’esquisse d’un avenir meilleur à l’horizon pour les personnels qui se sont largement mobilisés pour dénoncer leur quotidien. Aucune réunion de travail, aucune réflexion métier, etc…

 

Si l’Administration Pénitentiaire argumentera positivement sur le travail effectué entre le conflit et ce jour,  la CGT Pénitentiaire ne peut que constater qu’il est beaucoup plus rapide de sanctionner et ponctionner le salaire des agents que de mettre en place des mesures permettant ainsi de meilleures conditions de travail et de sécurité à l’adresse des personnels pénitentiaires.

 

Il est vrai que notre chère Nicole BELLOUBET avait hélas un agenda bien trop rempli pour s’intéresser aux problèmes du petit peuple pénitentiaire, et une volonté sans faille d’aboutir à la mise en place de sa loi de programmation pour la Justice, dont les discussions parlementaires se sont vues reportées à une date ultérieure, sous la pression des différentes mobilisations survenues ces derniers jours dans cette institution.

Pour la CGT Pénitentiaire, le constat est donc sans appel : La Ministre de la Justice et consorts répondent au malaise pénitentiaire de ce début d’année par le plus grand mépris !

Mais cela devient hélas une habitude !..

Alors que la surpopulation pénale et le manque d’effectif  atteignent aujourd’hui des sommets, qu’il est de plus en plus difficile d’attirer de nouveaux professionnels, que les conditions de travail se dégradent de jour en jour, le surveillant d’étage, comme l’ensemble des acteurs du milieu carcéral, essaye encore tant bien que mal à préserver l’équilibre d’une détention dont il en a seul la « sur »charge, sachant qu’à la moindre faute, il recevra les foudres de l’administration. Les conseils de discipline en sont la preuve et nos dirigeants n’ont que faire de la réalité du terrain…

Il est grand temps que le métier de surveillant soit enfin reconnu  à sa juste valeur, et que celui-ci  puisse enfin prendre son service sans se demander s’il rentrera intact chez lui à la fin de son service !

 

Les personnels pénitentiaires en ont assez de subir ce climat détestable d’insécurité et ils l’ont démontré : Ils demandent à être respectés !!!

Montreuil, le 18 Avril 2018

Communiqué CGT Pénitentiaire – Phénomène de violences, où en est-on