La CGT Pénitentiaire boycott le CTAP !!!

La CGT Pénitentiaire boycott le CTAP !!!

6 novembre 2019 Non Par ugsp

Le jeudi 7 novembre 2019 est prévu au Millénaire un Comité Technique de
l’Administration Pénitentiaire (CTAP) ayant pour ordre du jour la « soit-disant » réforme de la chaîne de commandement (que nous qualifions nous à la CGT Pénitentiaire de « plan de requalification au rabais ») ainsi que la note sur la généralisation du contrôle électronique de présence aux entrées et sorties de service pour les agents postés, plus communément appelé badgeage.


Ces deux sujets ont déjà fait l’objet d’une rencontre multilatérale préparatoire le 31 octobre 2019, ce qui a permis à chaque organisation de défendre sa position, et surtout de s’apercevoir à quel point l’administration pénitentiaire persiste et signe dans la bêtise en faisant fi des remarques, propositions et interrogations de la majorité des organisations syndicales, dont la CGT Pénitentiaire.


Ce CTAP n’est donc, ni plus, ni moins, qu’un nouveau simulacre de dialogue
social, où seules les organisations syndicales de cogestion peuvent y
trouver leur place au détriment de l’intérêt collectif des agents !!!


En effet, la CGT Pénitentiaire n’a eu de cesse de dénoncer « cette réformette » qui concerne qu’une partie de la chaîne de commandement. Pour rappel, des discussions s’étaient ouvertes en 2015, sous l’impulsion d’Isabelle GORCE, alors Directrice de l’Administration Pénitentiaire. Plusieurs scénarios nous avaient même été présentés, dont certaines de ces propositions étaient portées par une logique métier prenant en compte les missions et l’ensemble de la chaîne de commandement (du surveillants au commandant) avec le passage de l’ensemble du corps d’encadrement et d’application en catégorie B et le passage du corps de commandement en catégorie A. Un projet bien plus ambitieux que celui soumis au vote de ce CTAP…


Mais hélas, une fois de plus, c’est une grande majorité des personnels qui
seront les grands oubliés de cette administration avec ce plan de requalification signé entre l’UFAP et le ministère !!! CHACUN APPRECIERA…


De plus, la CGT Pénitentiaire ne peut cautionner l’effet mécanique que va générer ce plan de requalification sur les vacances d’emplois des surveillants et brigadiers. Cette réforme statutaire établie sur 5 ans, qui n’est, ni plus, ni moins, qu’un plan de requalifications, prévoit le passage de 450 officiers de la catégorie B à la catégorie A (soit 90 par an) et le passage de 1700 Premiers Surveillants et Majors de la catégorie C à la catégorie B (soit 280 par an).


Elle prévoyait également une compensation de 470 emplois d’encadrement de proximité (1ers Surveillants) sur 5 ans, pourvus par voie de concours professionnel par des surveillants et brigadiers, qui eux, ne seront pas remplacés… Ah moins que l’administration revient sur une partie de l’accord signé entre elle et l’UFAP, et sur la seule partie qui concernait les surveillants… C’est en tout cas la réponse apportée à demi-mot par l’administration !!!
Le constat est donc simple : soit l’effet mécanique de la réforme générera
470 vacances de postes supplémentaires (et se soustraire aux 1100
créations d’emplois prévus pour le comblement des vacances d’emplois),
soit la petite évolution de carrière promise « à seulement » 470 surveillants
ou brigadiers ne verra jamais le jour….


Dans les deux cas, les surveillants et brigadiers sont perdants !!!


Enfin, concernant le badgeage, l’administration reste dans la même logique. Elle fonce tête baissée en espérant que les organisations syndicales cogestionnaire l’aide à mettre en place ce nouveau moyen de « flicage » dans le but de faire tomber artificiellement les heures supplémentaires des agents, comme nous l’avons dénoncé lors de notre rencontre. D’ailleurs, toute latitude sera donnée aux directions locales de mettre en place cette note. Faîtes place à l’interprétation des uns et des autres au détriment des personnels !!!


Il est vrai que cela s’apparente à de l’équité comme l’évoque cette
administration.


On croit rêver !!!


Pour toutes ces raisons, la CGT Pénitentiaire ne peut assister à une telle
mascarade et décide donc de boycotter ce CTAP. Au-delà de la politique de
la chaise vide qui sera sûrement évoquée par certains, notre organisation
fait le choix fort de ne pas accompagner l’administration dans ces dérives.


Nos actes ne peuvent différer de notre discours…


Contrairement aux organisations syndicales qui auront fait le choix de
cautionner les agissements de cette administration en siégeant à ce CTAP,
la CGT Pénitentiaire continuera avec force à se battre contre toutes les
formes d’injustices, dans l’intérêt collectif de toute la profession.


A Montreuil, le 6 novembre 2019